Pourquoi cette app
Dans cette catégorie, la confiance est le produit.
En lisant les avis des applications existantes, les mêmes reproches reviennent : de la publicité en plein écran dans un contexte religieux, un scandale de revente de données de localisation encore cité des années après, des horaires qui ne collent pas à la mosquée du coin, du contenu sacré placé derrière un péage, et l'appel à la prière qui ne sonne pas.
Qindil répond point par point : zéro publicité, aucun compte, aucun serveur, sept méthodes de calcul avec ajustement fin par prière, rien de verrouillé, et des notifications locales traitées comme la fonction principale plutôt que comme un détail.
La promesse tient parce qu'elle est littérale dans le code : un seul flux réseau existe, l'audio de la récitation. On ne peut pas vendre vos données, nous ne les avons pas.
Les défis techniques
Soixante-quatre notifications, et le système qui jette le reste sans rien dire.
Le budget de notifications, la panne la plus grave. Quatre planificateurs indépendants demandaient ensemble bien plus de déclenchements que le plafond autorisé par iOS. Le système garde les plus proches et jette le surplus sans renvoyer la moindre erreur : concrètement, ce sont les prières des derniers jours programmés qui sautaient, c'est-à-dire la promesse numéro un du produit, pendant que le compteur interne les comptait comme réussies. Un allocateur maison répartit désormais par priorité, les prières d'abord, et lit l'état réel de la file au lieu de le deviner, y compris les déclenchements posés par du code qui n'est pas le sien.
L'écran noir définitif. Il n'existait aucune barrière d'erreur dans l'application. En version publiée, une exception pendant le rendu ne provoque pas de crash natif : l'arbre se démonte, l'écran reste noir pour de bon, et rien ne remonte dans les outils d'Apple. Deux niveaux ont été posés, un à la racine et un autour de la navigation, avec des couleurs figées en dur, parce que l'écran de repli doit s'afficher même quand c'est justement le thème qui vient de tomber.
Le streaming, obtenu par correctif natif. La bibliothèque audio téléchargeait le fichier entier avant de jouer la première seconde. Un correctif appliqué à la dépendance passe la lecture distante en vrai streaming. Dans la foulée, les courses du lecteur ont été fermées : la garde anti-réentrance arrivait après deux attentes, si bien que deux appuis rapides faisaient annoncer une sourate pendant qu'une autre jouait. Une interruption d'appel redevient une pause reprenable au lieu d'un saut à la piste suivante.
Un micro et des photos fantômes dans le binaire. La bibliothèque audio embarquait un enregistreur complet, et une autre dépendance référençait le framework Photos. Ces symboles suffisent à ce que l'analyse statique d'Apple considère que l'application accède au micro et refuse l'envoi, faute d'un texte de permission qu'on ne pouvait pas écrire honnêtement puisque rien n'enregistre. Les deux ont été neutralisés par correctif de dépendance : un build validé sur un iPhone n'aurait jamais révélé le problème.
Les chemins d'échec qui mentent. Un refus de permission de notification se résout normalement au lieu de lever une erreur : les planificateurs sortaient donc en silence pendant que les réglages affichaient des interrupteurs allumés qui ne déclenchaient rien. Un téléchargement intercepté par un portail captif répond avec un code de succès, et une page web se retrouvait renommée en fichier audio, coche verte à l'appui. Au-delà du cercle polaire, le moteur de calcul renvoie des valeurs non numériques plusieurs semaines par an. Le chemin nominal était sain : ce sont les chemins d'échec qu'il a fallu reprendre.
Le seul point qui ne se résout pas au clavier. La traduction, la récitation et la police calligraphique envisagées au départ sont sous des licences réservées à un usage non commercial. Le risque réel n'est pas le procès, c'est la revue d'Apple, qui peut demander l'autorisation écrite. C'est ce constat qui a fait basculer le modèle vers la gratuité intégrale, sans rien de verrouillé, avec un soutien facultatif : un usage non commercial redevient défendable, et le questionnaire de confidentialité d'Apple peut répondre « aucune donnée collectée » sans mentir.